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mardi 14 septembre 2010

Moins pris en charge, les SDF meurent sur la voie publique

Cette année, les trois quarts des 173 décès enregistrés par Les Morts de la rue sont survenus de façon violente, sur la voie publique.




Dans la rue, on ne meurt pas de chaud ou de froid. En tout cas, pas souvent. Le constat, dressé par le collectif Les Morts de la rue, ne cesse de se confirmer. En 2010, les SDF décédés le sont, pour les trois quarts, d'une mort violente, sur la voie publique. Des hommes, dans neuf cas sur dix. Enquête de Rue89, à partir des statistiques de l'association.

C'est une longue liste de noms : 173 à la fin du mois d'août, dont 24 pour les deux mois d'été. Cette liste, accessible sur le site du collectif, est celle des morts de l'année en cours.

liste_deces_2010_Site___25_aout_2010__

Elle laisse une trace de ces gens qui décèdent souvent dans l'anonymat. La plupart sont des SDF, marginaux, personnes très isolées.

A la demande de la région Ile-de-France, l'association a mené une enquête statistique comparative sur les années 2006, 2007 et 2008.

Faute d'avoir un échantillon suffisamment large, les résultats sont à traiter avec prudence, comme le souligne Cécile Rocca, coordinatrice du collectif. (Voir la vidéo)

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xerspd_cecile-rocca-collectif-morts-de-la_news[/dailymotion]


Les résultats de l'enquête des Morts de la rue

Hommes/femmes. Les premiers sont très largement majoritaires, à plus de 90%.

Age du décès : l'essentiel des morts de la rue sont regroupés en deux tranches, les 41-50 ans et les 51-60 ans, qui totalisent plus de 60% de l'échantillon, comme le souligne Cécile Rocca :
« Le pic de mortalité nationale des personnes vivant à la rue est entre 41 et 50 ans. »

Par comparaison, le pic de mortalité de la population française se situe entre 70 et 85 ans. L'évolution sur trois ans semble indiquer un léger vieillissement, mais la tendance n'est pas très nette.

Date du décès. Le constat est tragique et va à l'encontre des idées reçues. Dans la rue, il y a des morts toute l'année, été comme hiver avec de faibles écarts de mois en mois. Décembre et février, puis mai et juillet sont les mois où l'on recense le plus de décès. Les pics changent d'année en année. Commentaire de l'association :
« Dans tous les cas, un accompagnement doit être fait dans la durée, et non à une saison
particulière. »

Lieu du décès. le collectif a établi deux critères, la rue au sens large du terme -abri de fortune, jardin, bois…- et les « pris en charge » -ceux qui meurent à l'hôpital, en détention, dans un lieu d'hébergement ou chez un ami. Cette fois-ci la tendance dessine un phénomène inquiétant :

  • Les morts dans la rue sont de plus en plus nombreux -38% en 2006, 56% en 2008.

  • A l'inverse, la proportion des morts pris en charge à l'hôpital passe de 52% à 32%.


Sans trancher le débat, le collectif s'interroge sur la qualité de la prise en charge des SDF par les services d'urgence, où les pathologies les plus graves touchant ce public seraient mal reconnues. Est-ce par la volonté des intéressés ? Ou à cause des institutions ?

Cause du décès. Dernière information, la mort dans la rue est brutale. Dans leur majorité -plus de 80%-, les SDF meurent d'un coup, que la cause soit naturelle ou non. Les cas d'épuisement ou de longue maladie sont minoritaires.

Dans le détail, on trouve plus de brûlés (11%) et de victimes d'agressions (11%), que de morts de froid (8%), mais aussi de noyés (5%), de suicides (5%) et de victimes de toxiques (5%). Conclusion : la rue est un danger permanent, brutal et mortel pour ceux qui y vivent.

Source: rue89.com

samedi 3 juillet 2010

Les USA au bord du gouffre

Le nouveau rapport de L’OCC, l’Office of Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques US, dépendant du trésor américain, est sorti le 23 juin 2010.  Intitulé « OCC and OTS Release Mortgage Metrics Report for First Quarter of 2010 », il fait le point sur les prêts immobiliers (non commerciaux) US, leur nombre, leur répartition par catégories et surtout, dénombre les saisies immobilières en cours.(1)  Étant un organisme gouvernemental de contrôle des banques, ses données sont exceptionnelles sur le plan qualitatif, des données qui prouvent que l’économie US est en phase avancée de destruction, ceci en totale contradiction avec ce que l’on peut lire dans la presse.

Pour commencer, il faut savoir que l’ensemble des crédits immobiliers non commerciaux aux USA représentent 5947,548 milliards de dollars soit plus de deux fois le PIB de la France. Or, ce rapport de l’OCC nous apprend que 87,3 % de ces prêts sont remboursés (voir tableau : encadré en rouge « current and performing ») ce qui signifie que 12,7 % de ces prêts sont actuellement en difficultés. Les USA se retrouvent donc avec une ardoise immobilière brute de 755,33 milliards de dollars. N’oublions pas que le 20 septembre 2008, Paulson le secrétaire au trésor, le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke ainsi que Christopher Cox (président de la SEC) mirent au point le TARP, le Troubled Asset Relief Program permettant de racheter 700 milliards USD de MBS (mortgage-backed securities, un titre hypothécaire) afin de combler les dettes des institutions financières.


Il faudra donc mettre en place un Tarp II, suivi d’un Tarp III car l’immobilier commercial est lui aussi en zone rouge selon un rapport publié par le COP, le Congressionnal Oversight Panel (Congrès US). Un énorme krach de l’immobilier commercial serait en effet en cours avec près de 1.400 milliards de dollars de crédits immobiliers commerciaux à refinancer sur 3 ans, soit près de 466,6 milliards de dollars à trouver par an, ce qui est pour ma part un montant sous évalué qu’il faudrait plutôt situer autour des 600 milliards.

Les « petites banques » US n’y survivront pas et on assistera à une super concentration du secteur bancaire. Les USA auront donc, si tout va bien, près de 1200 milliards de dollars à trouver cette année pour sauver les banques du trou noir immobilier !(2) Plus inquiétant encore, les procédures de saisies immobilières ont augmenté de 8,5 % au premier trimestre 2010 (malgré la renégociation, la modification de la plupart des prêts) avec 1 170 874 procédures. Il y a donc 12 866 procédures de saisies immobilières par jour aux USA, des milliers de familles jetées à la rue. Le nombre de SDF n’est pas prêt de diminuer (lire sur ce point précis : http://gillesbonafi.skyrock.com/2886448330-L-explosion-des-SDF-aux-USA.html)!

Il n’y a donc pas eu de miracle Obama !

Il faut rappeler que les Etats-Unis ont une dette totale (publique et privée) de 52 859 milliards de dollars soit 375 % du PIB US et plus que le PIB mondial qui va encore s’aggraver et devrait atteindre les 400 % en fin d’année. Heureusement que les agences de notations sont américaines car les problèmes grecs ne sont rien en comparaison !

Il est intéressant de noter qu’Ayn Rand a été l’égérie d’Anton LaVey, des libertariens et d’Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale jusqu’en 2006. Ce dernier est d’ailleurs l’un des responsables de la crise actuelle par sa politique des taux très bas puis brutalement relevés. Il a ainsi fait passer le taux directeur de la Fed (la banque centrale US), de 1% le 25 juin 2003, à 4,5% (plafond à 5,25% le 29 juin 2006) le jour de son départ, le 31 janvier 2006. Voici la véritable origine de la crise des subprimes (prêts immobiliers à risques) qui a historiquement débuté au second trimestre 2006 à cause de ce réhaussement des taux, entraînant l'envolée des mensualités pour les emprunteurs. On raconte n’importe quoi sur l’origine de cette crise qui n’est pas imputable aux banques, mais à la banque centrale américaine, la Fed !

Ayn Rand a ainsi écrit dans son livre la révolte d’Atlas publié en 1957 :

« Lorsqu’on constate que le commerce se fait non par consentement mais par compulsion lorsqu’on constate que pour produire, il faut auparavant obtenir la permission d’hommes qui ne produisent rien — lorsqu’on constate que l’argent afflue vers ceux qui dispensent non des biens mais des faveurs — lorsqu’on constate que les hommes deviennent plus riches par la subornation et les pressions que par le travail, et que les lois ne vous protègent pas de tels hommes, mais les protègent au contraire de vous — lorsqu’on constate que la corruption est récompensée et que l’honnêteté devient un sacrifice — on sait alors que la société est condamnée ».

Gilles Bonafi est professeur et analyste économique.

(1) Source : http://www.occ.treas.gov/ftp/release/2010-69a.pdf

(2) Source : http://www.agefi.fr/articles/Limmobilier-commercial-americain-prepare-nouvelle-vague-defaillances-1126571.html

Source: mondialisation.ca