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samedi 9 juillet 2011

La Miviludes s'inquiète des discours apocalyptiques à l'approche de 2012

La Miviludes dénonce dans son rapport annuel les dangers des groupes millénaristes pour leurs fidèles.

 

[caption id="attachment_11891" align="alignleft" width="300" caption="(La status de la liberté detruite 2012)La Miviludes s'inquiète des discours apocalyptiques à l'approche de la date du 21 décembre 2012."][/caption]

La fin du monde est fixée au 21 décembre 2012, et ce sera la 183 e  annonce du genre depuis que l'homme existe ! Cette prophétie, qui peut prêter à sourire, est prise au sérieux par la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, qui lui consacre un large volet dans son rapport annuel. Un document de plusieurs centaines de pages remis mercredi au premier ministre.

Supposée venir du calendrier maya, cette prédiction qui fait aujourd'hui le tour de la planète à travers le Net sous-tend des discours apocalyptiques et anxiogènes pouvant conduire à l'irréparable. «Des drames récents survenus sur notre territoire nous le rappellent», souligne l'ancien magistrat Georges Fenech, président de la Miviludes.

En 1995, sur le plateau du Vercors, dans l'Isère, l'inimaginable s'était produit : seize personnes, membres de l'OTS, l'Ordre du temple solaire, avaient été immolées par le feu. Au bout de l'impasse où les sectes poussent les individus se nouent aussi des tragédies isolées. «Des suicides, des personnes qui décident de rompre avec leur vie», rappelle l'ancien juge d'instruction. En 2002, un adepte du groupe Néo-Phare, mouvement apocalyptique installé dans la région de Nantes, s'était donné la mort. Deux autres membres avaient aussi tenté de mettre fin à leurs jours.

Investi de l'esprit du Christ


Selon le rapport, ces risques sont d'ailleurs plus prégnants au sein de ­cette vaste mouvance millénariste. Les groupes apocalyptiques «sont plus aliénants et plus manipulatoires que les autres», y est-il écrit. Avec la peur qui amplifie l'emprise, ces structures sont «plus hystérisées et plus fanatisées». Ce que confirme à sa manière Dominique Lorenzato, qui, durant plus de vingt ans, a vécu dans ce climat destructeur. Cet homme de 41 ans a passé vingt-deux ans au sein d'une communauté spirituelle dont le gourou présumé, Robert Le Dinh, a été condamné l'an passé à quinze ans de réclusion criminelle pour viols et abus de faiblesse. Une peine contre laquelle ce dernier a fait appel.

Interrogé par Le Figaro, Dominique Lorenzato l'avoue : «Robert Le Dinh m'aurait demandé de tuer, je l'aurais fait.» Tout avait été fait pour lui ôter ses capacités de discernement, dit-il : «Les réunions quotidiennes jusqu'à tard dans la nuit, la peur de la fin du monde…» Robert Le Dinh, qui se disait investi de l'esprit du Christ et qui, au passage, exigeait de ses adeptes de notables sacrifices financiers, annonçait régulièrement l'Apocalypse. Quand elle n'avait pas lieu, il invoquait alors l'influence salvatrice de son travail mental, comme le relate Dominique Lorenzato, embarqué dans ces folles croyances en plein cœur de l'Ariège avec vingt autres personnes.

Ce genre de petite structure autour d'un seul individu fleurit sur notre territoire, souligne le rapport : «Des groupes de taille plus réduite coexistent avec des grands mouvements structurés souvent de taille internationale avec représentation française.»

La Miviludes, qui les a recensés, exerce une veille active. Des déplacements sont organisés en France au cours desquels des rencontres ont lieu avec magistrats, préfets ou encore forces de l'ordre. La semaine dernière, Georges Fenech s'est ainsi rendu dans les Pyrénées-Orientales et dans l'Aude, deux départements particulièrement surveillés en raison de «mouvements inhabituels de population».

Le big bang de 2006


«À Lamanères, on a été informés de la mise en place de bunkers», indique le responsable de la mission interministérielle. Des constructions qui donnent lieu à une enquête. Certains des futurs occupants seraient affiliés au groupe Ramtha, un mouvement qui nous vient des États-Unis et qui fait référence à la fin du monde. Il y a quelques années déjà, des constructions similaires avaient été creusées en toute illégalité en Bretagne. Les forces de l'ordre avaient découvert une pièce souterraine de plus de 300 m2. Une structure équipée de cuisines, mais aussi d'un imposant groupe électrogène, et qui avait été réalisée par les adeptes des groupes Garum et Khnoum en prévision du big bang déjà attendu en 2006. Bugarach, village de l'Aude, donne lieu également aujourd'hui à une attention soutenue des autorités (voir ci-dessous).

«Il ne s'agit évidemment pas de créer une psychose, mais nous sommes dans notre rôle en sensibilisant les pouvoirs publics à d'éventuels dangers et en proposant des mesures de prévention» , souligne l'ancien juge d'instruction.

À ce titre, la Miviludes suggère plusieurs actions : la mise en place d'une grille de critères de perception des risques intégrée à un protocole de vigilance destiné aux acteurs luttant contre les dérives sectaires, un contrôle sur Internet, ou encore une coopération internationale de surveillance. Tout un dispositif de veille qui devrait fonctionner jusqu'à la date fatidique du 21 décembre 2012.

Source: lefigaro.fr

samedi 25 décembre 2010

Vivre sans manger, le film qui fait polémique

Dans Lumière, les adeptes d'un mouvement de jeûne extrême décrivent leur mode de vie dans lequel il n'y a pas de place pour la nourriture. La Miviludes dénonce ce film et cette pratique.



Peut-on vivre sans manger ni boire pendant des années? C'est le sujet de Lumière, un documentaire polémique de Peter-Arthur Straubinger sorti en salle mercredi dernier. Ce film prend la forme d'une enquête à travers le globe sur le mouvement respirianiste. Ce dernier dont la prêtresse d'origine australienne prétend ne plus se nourrir depuis 1993, prône une méthode de jeûne total consistant à ne se nourrir que de «Prana», une sorte d'énergie puisée dans l'air et la lumière. Le documentaire donne la parole à plusieurs jeûneurs, dont un Indien de 80 ans qui affirme ne pas manger depuis des décennies. Des médecins décryptent cette pratique et tentent d'en comprendre les fondements. Problème: «Dans ce documentaire les scientifiques ne condamnent pas explicitement la méthode du respirianisme», met en garde Georges Fenech, le président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Miviludes) interrogé par lefigaro.fr. Il dénonce toute «tentative de promotion ou de banalisation» de ce mouvement, considéré comme sectaire, qui «présente de graves dangers pour la santé des personnes».

Une pratique dangereuse

Selon les estimations de la Miviludes, entre 300 et 400 personnes seraient des sympathisants du mouvement respirianiste en France et une centaine adeptes du «processus du 21e jour». C'est au cours de cette période que l'adepte va effectuer un jeûne pendant lequel son corps va s'habituer progressivement à ne plus manger. Avant d'arrêter définitivement toute nourriture.

Lors du processus, que l'on réalise avec un gourou du mouvement, «on paye pour ne pas manger», dénonce Georges Fenech. «Les adeptes se voient proposer l'achat de livres, de DVD où autres conférences à prix coutant», précise-t-il. «Un véritable business», selon le président de la Miviludes qui parle d'une pratique «charlatanesque». Mais pas sans danger. Un être humain ordinaire ne serait pas capable de survivre plus d'une semaine sans eau ou soixante jours sans nourriture. On comptabilise actuellement trois décès de disciples du mouvement respirianiste à travers le monde.

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«Le jeûne, une méthode à la mode»

Difficile pourtant de lutter contre cette pratique dangereuse. «Lorsque des conférences liées au respirianisme vont avoir lieu en France, la Miviludes prévient les pouvoirs publics qui peuvent les faire interdire si une mise en danger des participants est constatée ». L'institution prévoit également la mise en place d'une campagne d'information pour avertir les individus qui pourraient être tentés par cette pratique même si Georges Fenech reconnaît que Lumière n'a pu être interdit en France. Selon lui, la préoccupation majeure tient dans l'engouement récent pour une forme de jeûne pratiqué quelques jours qui consiste par exemple à se nourrir uniquement de fruits ou de légumes. Une méthode à la «mode» qui permettrait de détoxifier l'organisme. «Ce type de jeûne peut séduire et devenir la porte d'entrée vers une pratique plus extrême comme le respirianisme», s'inquiète-t-il. Le président de la Miviludes admet toutefois qu'«il est impossible d'interdire aux gens de ne pas manger».

Source: lefigaro.fr