Affichage des articles dont le libellé est Georges Fenech. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Georges Fenech. Afficher tous les articles

jeudi 16 juin 2011

Bugarach: Les discours apocalyptiques plombent l’Aude

Les discours apocalyptiques de la mouvance New Age à l’approche de la fin 2012 constituent un risque accru de dérives sectaires, voire de suicides collectifs. C’est le constat de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. L’Aude et les Pyrénées-Orientales sont "touchées de plein fouet par les messages apocalyptiques", explique Georges Fenech, président de la Miviludes depuis 2008, à l’occasion de la sortie du rapport annuel.



Depuis 2008, des groupes de la mouvance Ramtha, créée aux Etats-Unis par Judy Zebra à la fin des années 1970, ont pris pied dans ces départements. Une dizaine de communes sont concernées par les théories de cette Américaine qui prétend converser avec Ramtha, guerrier lémurien qui aurait libéré son peuple de la tyrannie des Atlantes il y a 35 000 ans. Dans l’Aude, le pic de Bugarach (1231 m d’altitude) ou, dans les P-O, le village de Lamanère sont des lieux censés échapper à cette fin du monde. Un engouement favorisé par les caractéristiques d’une région escarpée où l’on peut vivre en toute discrétion. Il s’explique aussi par le fait que le pays cathare n’est pas étranger aux légendes. Le pic de Bugarach abriterait "un garage à ovnis". Certains pensent y trouver le Saint-Graal ou le trésor des Templiers. A Rennes-le-Château, beaucoup cherchent encore le “magot” de l’abbé Saunières, mort en 1917.

La mission interministérielle a été alertée par des maires, inquiets de constater des déplacements inhabituels de populations ou des achats de propriétés et de terrains agricoles au prix fort. Selon Jean-Pierre Delord, maire de Bugarach, le compteur installé sur l’un des trois sentiers conduisant au sommet a enregistré 20 000 passages depuis juin 2010, soit deux fois plus qu’en 2009. D’après Georges Fenech, les achats de terrains sont plutôt le fait de Français. Mais les “stages” attirent aussi des étrangers. Face à ces phénomènes, il faut mener l’enquête et prendre "des mesures préventives", dit-il. "Il faut dire à la population de se méfier d’un type de discours", qui "peut receler d’autres objectifs (...) de mise sous emprise mentale". La CNIS, association de défense des nouvelles spiritualités, s’insurge, elle, contre une "chasse aux sorcières". "On est dans une forme d’inquisition contre tout ce qui est alternatif aux religions et thérapies reconnues, une époque (...) où l’on dresse des listes, l’on stigmatise et l’on condamne", dit sa porte-parole Marie-Christine Koenig.

Pour sa part, le maire de Bugarach a choisi la dérision. La commune a édité une carte postale montrant un ovni tournant autour du pic, signée David Vincent, du nom du héros de la série américaine Les Envahisseurs.

Décembre 2010. Le ciel est gris à ne pas mettre un illuminé dehors. Au creux de la vallée de la Sals, dans la Corbières profonde, Rennes-les-Bains se dévoile après mille virages. Pas l’ombre d’un chat dans l’unique rue du village. Commerces clos, devantures cadenassées : la petite station thermale n’attend pas le moindre touriste aujourd’hui.

Sauvé ! Une lumière perce la brume et confirme qu’il reste toujours un bistrot ouvert là où l’humanité se fige. Un sandwich et une bière feront l’affaire pour accompagner la lecture des quotidiens locaux, à leur poste... comme le bistrotier. L’homme est bavard et sa vie fort romanesque. Faut-il tout croire ? Ses amours exotiques, son étroite relation avec une dynastie de l’autre côté de la Méditerranée, ses contacts avec des “gens importants” ? Quel talent oratoire ! L’art du trait convainc moins quand il déroule une fresque d’inspiration indienne qui prétend symboliser le syncrétisme absolu entre les religions du monde... Arrivent deux clients. Embrassades, tapes dans le dos. Ceux-là se connaissent bien. Visiblement, un grave conflit les préoccupe. "Ils ont appelé la gendarmerie. Mais on va pas se laisser faire..."

Mais qui sont “ils” ? Mystère ! Les bières sont avalées et les conversations épuisées. Les clients s’en vont. Le bistrotier embrasse l’un d’eux et lui demande :

"Vous faites un feu bientôt ? Dis le moi, car il y a longtemps que je n’ai pas communié..."

Source: midilibre.fr

samedi 25 décembre 2010

Vivre sans manger, le film qui fait polémique

Dans Lumière, les adeptes d'un mouvement de jeûne extrême décrivent leur mode de vie dans lequel il n'y a pas de place pour la nourriture. La Miviludes dénonce ce film et cette pratique.



Peut-on vivre sans manger ni boire pendant des années? C'est le sujet de Lumière, un documentaire polémique de Peter-Arthur Straubinger sorti en salle mercredi dernier. Ce film prend la forme d'une enquête à travers le globe sur le mouvement respirianiste. Ce dernier dont la prêtresse d'origine australienne prétend ne plus se nourrir depuis 1993, prône une méthode de jeûne total consistant à ne se nourrir que de «Prana», une sorte d'énergie puisée dans l'air et la lumière. Le documentaire donne la parole à plusieurs jeûneurs, dont un Indien de 80 ans qui affirme ne pas manger depuis des décennies. Des médecins décryptent cette pratique et tentent d'en comprendre les fondements. Problème: «Dans ce documentaire les scientifiques ne condamnent pas explicitement la méthode du respirianisme», met en garde Georges Fenech, le président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Miviludes) interrogé par lefigaro.fr. Il dénonce toute «tentative de promotion ou de banalisation» de ce mouvement, considéré comme sectaire, qui «présente de graves dangers pour la santé des personnes».

Une pratique dangereuse

Selon les estimations de la Miviludes, entre 300 et 400 personnes seraient des sympathisants du mouvement respirianiste en France et une centaine adeptes du «processus du 21e jour». C'est au cours de cette période que l'adepte va effectuer un jeûne pendant lequel son corps va s'habituer progressivement à ne plus manger. Avant d'arrêter définitivement toute nourriture.

Lors du processus, que l'on réalise avec un gourou du mouvement, «on paye pour ne pas manger», dénonce Georges Fenech. «Les adeptes se voient proposer l'achat de livres, de DVD où autres conférences à prix coutant», précise-t-il. «Un véritable business», selon le président de la Miviludes qui parle d'une pratique «charlatanesque». Mais pas sans danger. Un être humain ordinaire ne serait pas capable de survivre plus d'une semaine sans eau ou soixante jours sans nourriture. On comptabilise actuellement trois décès de disciples du mouvement respirianiste à travers le monde.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xg4ae6_lumiere-bande-annonce-du-film_shortfilms[/dailymotion]

«Le jeûne, une méthode à la mode»

Difficile pourtant de lutter contre cette pratique dangereuse. «Lorsque des conférences liées au respirianisme vont avoir lieu en France, la Miviludes prévient les pouvoirs publics qui peuvent les faire interdire si une mise en danger des participants est constatée ». L'institution prévoit également la mise en place d'une campagne d'information pour avertir les individus qui pourraient être tentés par cette pratique même si Georges Fenech reconnaît que Lumière n'a pu être interdit en France. Selon lui, la préoccupation majeure tient dans l'engouement récent pour une forme de jeûne pratiqué quelques jours qui consiste par exemple à se nourrir uniquement de fruits ou de légumes. Une méthode à la «mode» qui permettrait de détoxifier l'organisme. «Ce type de jeûne peut séduire et devenir la porte d'entrée vers une pratique plus extrême comme le respirianisme», s'inquiète-t-il. Le président de la Miviludes admet toutefois qu'«il est impossible d'interdire aux gens de ne pas manger».

Source: lefigaro.fr