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samedi 12 juin 2010

Des associations portent plainte contre la CIA pour des "expérimentations humaines"



Huit organisations américaines ont porté plainte contre la CIA, jeudi 10 juin. Selon elles, les médecins qui assistaient aux interrogatoires de suspects de terrorisme pratiquaient des "expérimentations" médicales sur les détenus.

Les huit organisations, dont Physician for Human Rights, qui a publié lundi un rapport mettant en lumière ces pratiques, Amnesty International, le Center for Victims of Torture ou encore Human Rights Watch, ont déposé une plainte officielle devant le Bureau des protections contre les expérimentations humaines (OHRP).

Cet organisme fédéral est chargé d'évaluer le respect des règles d'éthique dans les recherches médicales sur des personnes, financées par des fonds publics. "L'OHRP devrait déclencher immédiatement une enquête officielle sur les expérimentations pratiquées par la CIA sur les détenus", écrivent les organisations dans leur plainte.

Elles rappellent que des "preuves" existent que les médecins de la CIA récupéraient des données au cours des interrogatoires dits "améliorés" des prisonniers considérés comme de "haute importance" afin d'affiner ces techniques ou de les pratiquer simultanément. Parmi ces techniques, la privation de sommeil, le ligotage dans des positions inconfortables, ou l'exposition à des températures extrêmes.

Dans le même ordre d'idée selon les organisations, les médecins "réunissaient des données sur les détenus soumis à la simulation de noyade afin de développer de nouvelles méthodes et procédures". "La CIA ne se conformait apparemment pas aux règles d'éthique prévoyant que toute personne se prêtant à une recherche médicale doit être consentante et pouvoir arrêter sa participation à tout moment", écrivent-elles.

Source: lemonde.fr

lundi 19 avril 2010

FACEBOOK et ses liens avec la CIA

Facebook, c’est fun, divertissant, et totalement inoffensif. C’est ce que la plupart d’entre nous pensons. Mais après l’enquête du journaliste Tom Hodgkinson du journal The Guardian, il est préférable de penser à deux fois avant de révéler quoi que ce soit sur vous. Et comme on dit souvent dans les films américains, "tout ce que vous dites peut être utilisé contre vous." Par qui ? L’Agence Centrale de Renseignement des États-Unis (CIA) en personne !

En effet l’un des augmentations de capital la plus récente de Facebook est dû à une compagnie nommée Greylock VentureCapital, qui a investi la somme de 27,5 millions de dollars. L’un des principaux partenaires de Greylock est également membre du conseil d’In-Q-Tel, une entreprise qui n’est rien de moins que l’aile de capital-risque de la CIA.

Cela pourrait paraître bizarre et même paranoïaque, mais depuis longtemps les services de renseignement ont créé ce fond, qui "identifie et s’associe aux entreprises développant des technologies de pointe pour aider à fournir ces solutions à l’Agence Centrale de Renseignement et à la communauté du renseignement des États-Unis [NdT : Intelligence Community United States] pour poursuivre leurs missions."

Le Département de la Défense des États-Unis et la CIA adore cette technologie car elle leur facilite les recherches et l’espionnage. "Nous devons trouver de nouveaux moyens pour dissuader de nouveaux adversaires," a dit le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld en 2003. "Nous devons passer à l’ère de l’information, qui est le fondement essentiel de nos efforts de transformation..." A-t-il ajouté.

Source: edicionesespeciales.elmercurio.com - newsoftomorrow.org

samedi 3 avril 2010

le projet MK-ULTRA, les expériences de contrôle mental de la CIA

En 1974, le journal The New York Times publie des informations sur les activités illégales de la CIA sur le territoire des USA. L'agence s'est livrée à des expériences de manipulation et de contrôle mental réalisées sur les citoyens américains, sans que ceux-ci en soient avertis. La CIA voulait percer les mystères du cerveau humain et trouver une faille dans le libre-arbitre de chacun. Mythe ou réalité ? les scientifiques étaient persuadés que le fameux sérum de vérité existait, et qu'il était possible de contrôler un humain comme on dresse un chien.

Deux commissions d'enquête sont alors constituées au Congrès : une commission du Congrès, le Church Comitee et une commission présidentielle, la commission Rockefeller. Malheureusement, la plupart des documents sur ces expériences avaient été détruits par la CIA en 1971.

Les enquêtes des deux commissions ont tout de même été révélatrices. Le rapport public émis dans l'été 1975 a confirmé le fait que la CIA et le Département de la Défense ont effectué des expériences de contrôle mental sur un très grand nombre de personnes, aussi bien avec leur accord, que sans leur accord. Ces expériences faisaient partie des vastes programmes de recherche et d'expérience concernant l'influence et le contrôle du comportement humain à travers différentes méthodes, qui incluent, entre autres, l'utilisation des substances psycho-actives (LSD et mescaline). Des révélations ultérieures d'anciens agents CIA ont confirmé les craintes que ces expériences n'avaient pas été stoppées.

Ces commissions ont initié le contrôle de l'exécutif sur les activités de la CIA, qui était alors inexistant. Depuis cette époque, l'exécutif américain a établi un certain nombre de lois restreignant notamment les possibilités de mener des opérations clandestines, notamment par des Executive Orders émis par les présidents Gerald Ford, Jimmy Carter et Ronald Reagan. La CIA n'a actuellement pas le droit de mener des actions sur le territoire des États-Unis, de mener des opérations clandestines sans en informer préalablement les commissions parlementaires, et, sauf ordre spécial du président des États-Unis, de mener ou contribuer à un assassinat.

Le projet MKULTRA est un exemple parmi d'autres des dérives de l'agence, sujette à tous les fantasmes. La CIA a été fondée aux USA après la Deuxième Guerre Mondiale, en 1947. La pression de la Guerre Froide entre l'URSS et les USA a déclenché une suspicion presque paranoïaque entre les deux superpuissances. La CIA doit par ses actions en Europe constituée un rempart contre le communisme. Le statut constitutionnel de l'Agence impliquait qu'elle ne doit pas effectuer d'opération sur le territoire des USA, qu'elle n'a aucune légitimité au niveau national et qu'elle ne sera pas impliquée dans la sécurité intérieure. La Guerre Froide a servi de prétexte pour de nombreuses actions anti-démocratiques de la CIA comme l'opération « Paperclip », le nom de code sous lequel les USA ont organisé le transfert des scientifiques nazis sur leur territoire, sous de fausses identités, et leur insertion dans ses programmes de recherche militaire.

L'opération MKULTRA, à côté des autres projets antérieurs qui visaient la manipulation et le contrôle mental, a été justifiée par les possibles expériences similaires se déroulant dans le bloc communiste. Les premières expériences de la CIA dans ce domaine ont été le Projet Chatter, le Projet Bluebird et le Projet Artichoke.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x58zij_control-de-l-esprit-par-le-gouverne_news[/dailymotion]


Le programme expérimental de la CIA sur le contrôle mental « Artichoke » a démarré en 1951. Il visait le développement d'une méthode d'interrogatoire par la manipulation du mental humain en employant des techniques de désorientation, de privation de sommeil, de chirurgie psychique, d'électrochocs, d'hypnose, de privation sensorielle.

Le programme s'est focalisé sur l'utilisation des drogues, les amphétamines et le LSD. Les expériences ont été effectuées dans des laboratoires, des maisons privées, mais aussi dans des prisons et des hôpitaux psychiatriques.

L'opération "Artichoke" a aussi eu pour but de créer des agents tueurs aux travers des méthodes d'induction de l'amnésie sur les anciens agents du Service Action qui avaient vu trop de choses et qui n'offraient plus de garantie : les « candidats Manchouriens », qui ont fait l'objet d'un film du même nom.

En avril 1953, le directeur de CIA, Alen Dulles, autorise le démarrage du programme MKULTRA sous la direction du docteur Sidney Gottlieb, en mettant à sa disposition 6 % du budget de la CIA.

Ce programme est destiné à prolonger les expériences de contrôle mental de l'Opération Artichoke en visant le contrôle au niveau d'une armée se trouvant sur le champ de bataille ou même au contrôle d'une population civile. Gottlieb s'inspire alors des expériences des nazis et se base sur la documentation des expériences de manipulation des camps de concentration de Dachau.

Les expériences avec des drogues, des radiations, des micro-ondes et des ultrasons du programme MKULTRA ont été réalisées sur des prisonniers de guerre, sur des soldats, mais aussi sur des patients des hôpitaux psychiatriques ou sur la population..

Les documents qui n'ont pas été détruits par CIA révèlent l'ampleur du programme MKULTRA : 150 projets se déroulaient dans son cadre, plus de 30 Universités et d'Institutions impliquées parmi lesquels : Expériences d'hypnose réalisées à l'université de Denver, Étude au Boston Psychiatric hospital des dépressifs, des schizophrènes et des alcooliques, Expériences avec du LSD sur les étudiants, Induction de l'infirmité, Fabrication de drogues, Récolte de plantes psychodynamisantes, Combinaison de drogues, de l'hypnose et de la privation sensorielle, Combinaison de l'isolement et des électrochocs, Expériences sur les réfugiés hongrois, Substances allergéniques, Suggestions subliminales etc…. Ces documents attestent de la réalisation des expériences à l'aide de drogues et de l'hypnose sur les étudiants dans de dizaines d'universités des USA, sans l'information ou d'accord des étudiants.

Un document MKULTRA de 1955 énumère les études effectuées sur les substances qui lèsent le comportement, le psychisme et le mental, les classifiant ainsi :

- des substances qui génèrent un comportement impulsif et l'impossibilité de raisonner jusqu'au point où le sujet se discrédite en public

- des substances qui augmentent l'efficacité mentale et améliorent les perceptions

- des matériels qui préviennent ou éliminent l'ivresse provoquée par l'alcool

- des substances qui intensifient l'effet de l'alcool et l'état d'ivresse

- des substances qui provoquent (de façon irréversible) les symptômes de certaines affections psychomentales connues

- des matériels qui facilitent l'induction de l'état d'hypnose et la rendent plus efficace

- des substances qui renforcent la résistance aux privations, à la torture et aux pressions durant les interrogatoires ou un lavage de cerveau

- des matériels qui provoquent l'amnésie (ou la perte partielle ou complète de la mémoire)

- des méthodes physiques qui provoquent des états de choc et de confusion et qui peuvent être utilisées en secret

- des substances qui produisent des handicaps physiques, comme la paralysie des jambes, l'anémie

- des substances qui provoquent des états euphoriques, sans avoir d'effet secondaire

- des substances qui altèrent la personnalité et stimulent la dépendance vis à vis d'une autre personne

- des substances qui génèrent des états de confusion mentale, en altérant la capacité de raisonner

- des substances qui diminuent la volonté et l'efficacité au travail, lors de l'administration des quantités infimes, impossible à détecter

- des substances qui génèrent de la faiblesse et modifient les perceptions visuelles et auditives, de préférence sans effet permanent

- des substances qui peuvent être administrées en secret, en quantités infimes, pour rendre impossible toute activité physique.


Une expérience éprouvante s'est déroulée à l'Hôpital Communautaire de Lexington, Kentucky, sous la direction du docteur Harris Isabel. Ce docteur a été embauché par la CIA pour créer une série de drogues synthétiques. Dans ce but, il a réalisé des expériences sur ses patients, spécialement ceux de couleur. Le côté tragique est que l'hôpital était une unité de récupération des dépendants de la drogue et de l'alcool. Au lieu de guérir ceux qui y étaient internés de leur propre volonté, le personnel médical leur administrait de grandes quantités de drogues. Parfois cela était fait sans l'information ou l'accord des patients, d'autres fois leur dépendance était exploitée. Le LSD, la morphine, la mescaline, la marijuana et la scopolamine sont quelques-unes des substances expérimentées.

Une des techniques impliquait l'administration, pratiquement continue de LSD, en grandes quantités, pendant de longues périodes de temps (plus de deux mois). Une autre technique poursuivait la combinaison des effets de barbituriques (injectées dans un bras) avec les amphétamines (injectées dans l'autre bras, après que le patient se soit endormi). Le but était d'interroger le patient durant le sommeil. D'autres expériences combinaient les drogues très fortes (l'héroïne, par exemple) à l'alcool.

Des expériences MKULTRA ont aussi été réalisées au Canada, grâce au Dr Donald Cameron, recruté par la CIA lorsqu'il travaillait à « Allan Memorial Institute » de l'Université Mc Gill de Montréal. Il était payé par la CIA pour réaliser des expériences du programme MKULTRA sur ses patients. À part le LSD, Cameron expérimentait différentes substances avec des effets paralysant et la thérapie par des électrochocs 30-40 fois plus intenses que dans la thérapie conventionnelle. Il provoquait chez les patients un état de coma prolongé par des drogues (le cas d'un patient maintenu trois mois en coma est célèbre) et pendant ce temps-là, il leur passait des bandes avec des suggestions ou des bruits. En choisissant des patients qui avaient internés pour des troubles mineurs, comme l'anxiété ou la dépression postnatale, il a obtenu sur eux des effets irréversibles, les détruisant dans le sens le plus concret du terme. Comme effet des techniques appliquées, les patients oubliaient de parler, ils ne reconnaissaient plus leurs parents, ils devenaient convaincus que les enquêteurs étaient leurs parents. L'inconscience et l'amnésie sont les effets les plus insignifiants des procédés expérimentés par Cameron.

Ce personnage odieux était considéré comme une sommité dans le monde scientifique. Il était le président de l'Association Mondiale de Psychiatrie, le président de l'Association Psychiatrique des USA et simultanément de celle du Canada. Il a fait partie du tribunal médical de Nürnberg. Les expériences canadiennes de MKULTRA ont été révélées bien plus tard, en 1984. La révélation la plus choquante est que non seulement les autorités canadiennes avaient connaissance de ces expériences, mais qu'elles ont approuvé leur déroulement.

Le problème de recrutement des sujets était réalisé par chantage. La CIA avait le contrôle sur un nombre relativement grand de bordels, où tout ce qui se passait était filmé en secret. Certains bordels étaient aménagés comme des véritables maisons sécurisées d'analyse et d'étude. Soit les visiteurs étaient drogués en secret et filmés pour analyser leur comportement, soit ils étaient soumis au chantage avec certains films pour qu'ils acceptent de se soumettre aux tests.


Quatre sous-projets (102,103,112 et 117) étaient basés sur des enfants, notamment avec la complicité du Centre International de vacances d'été pour enfants (International Children Summer Camp). La CIA n'a jamais reconnu ces expériences, malgré le témoignage et les documents de certains psychiatres et psychothérapeutes déclarant avoir soigné des enfants victimes de ces expérimentations.

Le LSD fut finalement rejeté par les chercheurs en raison de ses effets imprévisibles. Des sources de la CIA ont déclaré que les efforts de recherche ont ensuite été focalisés sur la "psychoélectronique" – la manipulation à l'aide d'électrochocs.

Le docteur Jose Delgado, neurophysiologue à l'Université de Yale, a bénéficié de finances pour ses expériences de stimulation électrique du cerveau. Par l'implant d'électrodes dans le cerveau, Delgado a découvert qu'il pouvait avoir un grand pouvoir sur ses sujets. Il a créé des dispositifs électroniques qui opéraient à base d'ondes radio de fréquence moyenne. Le récepteur implanté dans le cerveau permettait la modification de l'état psychique dans une plage très large (mais seulement négative). Les états provoqués incluaient la furie, le désir incontrôlé et la fatigue. Delgado est arrivé à la conclusion qu'aussi bien les mouvements, que les émotions et le comportement peuvent être commandés par des impulsions électriques.

Les expériences réalisées par le Dr. Ross Adey de l'Université de Californie ont démontré la possibilité d'influencer un individu par des ondes cérébrales, à travers des ondes radio spécifiques. Un autre scientifique, Allen Frey, a réalisé des expériences d'induction du sommeil à distance, à travers les ondes électromagnétiques. Il a aussi réussi à provoquer des bruits et d'autres perturbations sensorielles à travers les ondes radio (le sujet percevait des bruits qui n'existaient pas en réalité). Ces expériences ont été poursuivies par Joseph Sharp, qui a réussi à transmettre des mots à travers les ondes radio. Toutes ces expériences scientifiques auraient pu être utilisées dans des buts bénéfiques, mais malheureusement elles ont été cachées et ensuite monopolisées par les agences d'espionnage.

En 1974, J.F. Scapitz a expérimenté la combinaison de ces expériences et des technologies qui utilisent les ondes électromagnétiques et les expériences initiales d'hypnose du projet MKULTRA. Ainsi, par la transmission de suggestions ou de commandes prononcées par un hypnotiseur expérimenté, on agissait à même au niveau subconscient sur les sujets, sans que ceux-ci réalisent que quelque chose leur arrivait.

En 1972, Richard Helms, directeur de la CIA ordonne la destruction des archives du projet. Il est donc difficile d'avoir une compréhension complète de MKULTRA étant donné que plus de 150 sous-projets différents ont été financés dans le cadre de ce programme. Le projet fût définitivement stoppé en 1988.


L'article du New-York Times et les commissions d'enquête ont permis aux victimes de se faire connaître. Frank Olson, un biochimiste de l'armée et un chercheur dans le domaine des armes biologiques, avait reçu du LSD sans son consentement et s'est suicidé une semaine plus tard au cours d'une crise psychotique. Le docteur de la CIA qui était censé surveiller Olson s'était apparemment endormi lorsqu'Olson s'est jeté par la fenêtre. Les circonstances exactes de sa mort demeurent controversées. En 1975, Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont organisé une rencontre entre la famille d'Olson et le président Gerald Ford qui a présenté des excuses officielles à la famille ainsi qu'une compensation financière.

Le fils de Frank Olson conteste cette version et prétend que son père a été assassiné en raison de ses connaissances sur les techniques d'interrogations (parfois mortelles) utilisées par la CIA sur des prisonniers du bloc de l'Est en Europe. En 1994, le corps d'Olson a été exhumé et les traces sur sa boîte crânienne suggèrent qu'il a reçu un coup avant la chute qui l'aurait tué.

L'enquête interne de la CIA a conclu que le Dr. Gottlieb avait conduit ces expériences avec l'assentiment de Frank Olson, bien que ni Olson ni les autres personnes qui aient pris part à ces expériences n'aient été informées de la nature exacte des substances avant leur ingestion. Cette enquête suggère que le Dr. Gottlieb aurait du être réprimandé car il n'avait pas pris en compte les tendances suicidaires de Frank Olson, bien que ces tendances aient été déjà diagnostiquées. Des rapports successifs montrent qu'une autre personne, Harold Blauer, un joueur de tennis professionnel est mort en raison d'expériences réalisées avec de la mescaline.

Plusieurs livres de victimes ayant survécus à ces expériences et ayant retrouvés leurs mémoires tels que "Thanks for the Memories" de Brice Taylor ou "Transe-Formation of America" de Cathy O'Brien tendent à prouver le contraire. Le 8 février 1988, une victime entama un procès contre le gouvernement. La poursuite judiciaire et les preuves accablantes pour le gouvernement américain, firent arrêter le procès pour raisons de "Sécurité Nationale".

Récemment, Franck Rochelle et cinq autres vétérans, membres d'une association d'anciens combattants du Vietnam, ont porté plainte contre l'armée et la CIA devant un tribunal fédéral à Oakland (Californie). Frank Rochelle n'était qu'une jeune recrue de 20 ans en 1968 lorsque il s'est porté volontaire pour participer à un programme d'essais "d'équipements militaires", avant de découvrir qu'il s'agissait en fait de tests pharmaceutiques. Il a signé après avoir reçu l'assurance que "cela n'était pas nocif".

Il déclare : "Ils ont instillé dans nos veines des produits dont les laboratoires pharmaceutiques ne voulaient pas. Ils se sont servis de nos corps. Nous étions comme des cochons d'Inde", explique M. Rochelle depuis son domicile de Caroline du Nord (sud-est).

Dans sa plainte, l'association dénonce "une histoire effrayante d'expériences sur l'homme, d'activités militaires secrètes et d'abus de pouvoir sans limite de la part de notre propre administration". Les soldats concernés ont été utilisés "comme des rats de laboratoire", accusent des avocats de San Francisco dans ce document.

Ces expériences ont été effectuées entre 1950 et 1975 le plus souvent à l'arsenal d'Edgewood, dans le Maryland, afin d'évaluer leur effet sur les troupes en cas d'utilisation éventuelle par une armée ennemie. L'administration a reconnu les avoir menées lors d'auditions au Congrès dans les années 1970. En 2003, le ministère des Anciens combattants a recommandé qu'une aide médicale soit apportée aux personnes concernées, précisant que 6.720 soldats avaient été soumis à 254 types de substances, dont du LSD, du gaz moutarde ou lacrymogène.

A la CIA, la porte-parole Marie Harf assure que l'agence de renseignement ne conduit plus ce genre d'expériences et a dit tout ce qu'elle avait à dire sur le sujet lors des auditions au Sénat.

Aujourd'hui retraité, M. Rochelle souffre de cauchemars, de troubles du sommeil, de problèmes respiratoires, d'anxiété et de pertes de mémoire. Sa démarche devant la justice vise à obtenir une aide médicale et psychologique pour toutes les victimes.

Certains chercheurs qui ont analysé les documents existants sur le programme MKULTRA les associent à certains assassinats célèbres. Ainsi, beaucoup supposent que tant l'assassin de Robert F. Kennedy, que l'assassin du premier israélien Itzchak Rabin ont été des sujets des expériences de programmation mentale. L'assassinat de RFK fera d'ailleurs l'objet d'un article, bientôt.

La même hypothèse a été lancée quant à l'assassinat du membre du Congrès Leo Ryan pendant que celui-ci dirigeait une enquête à Jonestown. Encore plus, le terrible génocide de Jonestown, lorsque 900 personnes du groupement dirigé par Jim Jones sont mortes dans un supposé suicide collectif, semble avoir été déclenché par des méthodes de contrôle mental développées par la CIA. En France, moins connues sont les expériences du Professeur Heuyer, qui a expérimenté la narco-analyse, c'est à dire l'injection de penthotal sur un suspect pour vérifier ses dires. Il serait sans doute temps que des journalistes fassent le même travail qu'aux USA.

D'autant que de récentes révélations d'un journaliste américain laissent penser que des expériences se sont déroulées en plein territoire français. Le mystère de l'affaire de Pont Saint Esprit, et ces habitants souffrant de délires et d'hallucinations effrayantes, vient en effet de trouver sa conclusion. En 1951, 500 habitants de cette commune sont pris de troubles hallucinatoires particulièrement puissants au vu des témoignages. Les gens sont assaillis de visions cauchemardesques, feu, serpents, diable..5 personnes moururent dont 2 par suicide.

En septembre 1951, des scientifiques avec le très estimé British Medical Journal impliquèrent rapidement ce qu'ils surnommèrent une « épidémie d'empoisonnement. » Après avoir pensé initialement que la cause était du pain infecté, ils conclurent que la moisissure ne pouvait ni expliquer l'événement ni les maux qui frappèrent des centaines de personnes de la petite ville.

Des scientifiques dépêchés sur les lieux depuis la compagnie de produits chimiques Sandoz à proximité de Bâle en Suisse, ont également indiqué que la moisissure était la cause, mais de nombreux autres experts n'étaient pas d'accords avec eux.

Le livre, A Terrible Mistake : The Murder of Frank Olson and the CIA's Secret Cold War Experiments (Une terrible erreur : L'assassinat de Frank Olson et les expériences de guerre froide secrète de la CIA), du journaliste d'investigation Albarelli Jr. expose que l'épidémie de Pont-Saint-Esprit en 1951 était le résultat d'une expérimentation d'aérosol de LSD secrète, dirigée par la top secrète Division des opérations spéciales de l'US Army à Fort Detrick dans le Maryland.

Albarelli note que les scientifiques qui ont émis les fausses explications de couverture du pain contaminé et/ou de l'empoisonnement au mercure pour détourner de la véritable origine des événements, travaillaient pour la compagnie pharmaceutique Sandoz, qui à l'époque fournissait du LSD secrètement à la fois à l'US army et à la CIA pour la recherche.

Albarelli a découvert des documents secrets du FBI qui révélaient que, un an avant l'expérience de Pont Saint-Esprit, la Division des opérations spéciales de Fort Detrick avait pris pour cible le réseau du métro de New York pour une expérience similaire. Une note de service d'août 1950 du bureau déclare, « Les expériences de guerre biologique qui devaient être menées par des représentants du ministère de l'Armée dans le réseau du métro de New York en septembre 1950, ont été reportées sans fixer de date. » La note de service se poursuit en citant les préoccupations du FBI au sujet de « l'empoisonnement des plantes alimentaires » et « l'empoisonnement des réserves d'eau » des grandes villes des États-Unis.

Albarelli a décrit comment lui sont apparus les détails choquants des programmes secrets de la CIA avec les drogues : « Mon premier tuyau fut un document de 1954 de la CIA qui détaillait une rencontre entre un responsable de la compagnie chimique Sandoz (les producteurs de LSD) et un agent de la CIA, dans laquelle « le secret de Pont Saint-Esprit » était référencé. Le responsable de Sandoz poursuivait en disant : « Ce n'était pas du tout l'ergot. »

Albarelli dit avoir obtenu ensuite par l'intermédiaire de la Loi sur la liberté de l'information un rapport de 1955 partiellement expurgé de la CIA, intitulé A CIA Study of LSD-25 (Une étude du LSD-25 par la CIA). Ce rapport contient des informations détaillées sur la fabrication, la fourniture et l'usage du LSD et des produits du type LSD dans le monde. Cependant, la section sur la France et Pont St Esprit avait été presque entièrement censurée. Albarelli a demandé une copie intégrale, mais les responsables de la CIA ont refusé de lui en fournir une.

Il dit : « Puis je suis tombé sur une lettre écrite par l'agent du Bureau fédéral des narcotiques qui travaillait secrètement pour la CIA ; c'était George Hunter White qui dirigeait le poste de la CIA à New York de 1951 à 1954. La lettre de White référençait l'expérience de Pont St Esprit. À ce stade, après cinq ans d'enquête, j'ai commencé à interviewer d'anciens biochimistes de l'armée. Ils sont devenus très évasifs et ont refusé de parler de leur travail en France. Finalement, deux anciens employés du renseignement ont confirmé que l'expérience avait eu lieu sous les auspices de la Division des opérations spéciales de l'armée et avec un financement de la CIA. »

Selon un officiel de la DGSE, « Si les détails des révélations de ce livre s'avèrent être vrais, ce sera très bouleversant pour les habitants de Pont-Saint-Esprit, ainsi que pour tous les citoyens français. Que des agences du gouvernement des États-Unis puissent délibérément prendre pour cible des ressortissants étrangers pour ce genre d'expérience constitue une violation d'un certain nombre de lois et traités internationaux. »

Source: faitsdivers.blog4ever.com

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vendredi 2 avril 2010

Un document de la CIA révèle des plans pour manipuler l’opinion publique européenne au sujet de l’Afghanistan

Secouée par la chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement du pays dans la guerre en Afghanistan, la CIA vient de proposer une stratégie destinée à éviter un éventuel effondrement du soutien à la guerre chez les alliés européens.

Un document marqué « confidentiel / non destiné aux regards étrangers », posté sur le site internet de Wikileaks, propose des stratégies pour manipuler les opinions publiques européennes, particulièrement en France et en Allemagne.

Le document ne propose pas de méthodes directes que la CIA pourrait employer pour parvenir à cette fin – il n’y a, par exemple, aucune référence à la diffusion de propagande dans la presse – mais il énonce ce que l’agence considère comme les axes d’intervention qui pourraient gagner les coeurs et les esprits. Parmi les propositions, le document propose une campagne sur le sort des femmes afghanes auprès de l’opinion publique française, cette dernière ayant démontré sa préoccupation pour les droits des femmes en Afghanistan.

En ce qui concerne l’opinion pubique allemande, le document propose une campagne alarmiste sur l’éventualité d’un échec de l’OTAN en Afghanistan. « L’exposition de l’Allemagne au terrorisme, à l’opium, et aux réfugiés pourrait rendre la guerre plus acceptable pour les sceptiques, » affirme le document.

Le document est disponible sur le site de Wikileaks. http://file.wikileaks.org/file/cia-afghanistan.pdf et traduit en français après la publication de cet article par ReOpen911 que l’on remercie au passage. Rapport en français

Le document a été rédigé par un groupe appelé « CIA Red Cell » (cellule rouge de la CIA) qui se définit comme un groupe chargé « d’adopter une approche « prête à l’emploi » qui donnerait des idées et offrirait un point de vue alternatif sur l’ensemble des enjeux ».

« La chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement des troupes en Afghanistan montre la fragilité du soutien européen à la mission menée par l’OTAN, » déclare le document. « Certains états membres de l’OTAN, particulièrement la France et l’Allemagne, ont compté sur l’apathie de leurs opinions publiques sur l’Afghanistan pour renforcer leur participation, mais cette indifférence pourrait se transformer en hostilité si les combats prévus pour le printemps et l’été provoquent une hausse du nombre de victimes militaires ou civiles. »

Le rapport de la CIA souligne que 80% des Français et des Allemands sont opposés à la guerre, mais présente une bouée de sauvetage : l’apathie de l’opinion publique. Grâce à cette dernière, les dirigeants européens ont pu étendre et élargir leur engagement en Afghanistan, malgré une profonde opposition.

Mais « si certaines prévisions qui annoncent un été meurtrier en Afghanistan se révèlent exactes, l’opposition passive des Français et des Allemands à la présence de leurs soldats pourrait se transformer en une hostilité politiquement puissante. » dit le rapport.

IMPLIQUER OBAMA

La Cellule Rouge souligne que le président Obama bénéficie d’un soutien populaire en Europe qu’il n’a pas connu aux Etats-Unis depuis des mois. Le rapport suggère que le président s’implique personnellement pour vendre la guerre en Afghanistan aux Européens.

« La confiance des opinions publiques françaises et allemandes dans la capacité du Président Obama à gérer les affaires internationales en général et l’Afghanistan en particulier laisse entendre qu’elles seraient plus réceptives s’il déclarait clairement leur importance pour la mission, et qu’elles seraient sensibles s’il se déclarait déçu par une absence de soutien de la part des alliés, » précise le document.

Le rapport souligne que « lorsqu’il était rappelé (aux sondés ) que le Président Obama avait personnellement demandé le renforcement des troupes en Afghanistan, leur soutien à initiative augmentait considérablement, passant de 4 à 15 pour cent parmi les sondés français et de 7 à 13 pour cent parmi les allemands. »

Pour changer l’opinion des Français, la Cellule Rouge propose de lier la guerre en Afghanistan aux les efforts pour améliorer les droits des femmes en Afghanistan. Elle propose aussi d’insister sur le fait que la mission en Afghanistan est plus populaire en Afghanistan même qu’en Europe, du moins selon les sondages mentionnés dans le rapport.

« Les femmes afghanes pourraient être les messagers idéaux pour humaniser le rôle de la mission dans leur combat contre les Taliban grâce à la capacité des femmes à parler personnellement et avec crédibilité de leurs expériences sous le régime des Taliban, de leurs aspirations pour l’avenir, et de leurs craintes d’une victoire éventuelle des Taliban, » affirme le rapport.

« Souligner le large soutien de la mission parmi les Afghans pourrait avoir un impact positif sur les civils. Environ deux tiers des Afghans soutiennent la présence des forces étrangères en Afghanistan, selon un sondant fiable effectué au mois de décembre 2009 » affirme le rapport.

Selon le rapport, le message à délivrer en direction de l’opinion publique allemande serait différent. « Des messages qui dramatisent les conséquences d’une défaite de l’OTAN pour les intérêts allemands pourraient contrer l’opinion largement répandue selon laquelle l’Afghanistan n’est pas un problème qui concerne l’Allemagne. Par exemple, des messages qui montreraient comment un défaite en Afghanistan pourrait augmenter en Allemagne les risques de terrorisme, d’opium et de réfugiés pourraient rendre la guerre plus acceptable aux yeux des sceptiques. »

De nombreux rapports sur la guerre ces dernières années laissent entendre que la CIA est plus profondément impliquée dans la guerre en Afghanistan que lors des guerres précédentes. Par exemple, lorsque la nouvelle est tombée sur les sept agents de la CIA qui ont été tués par un kamikaze dans une base avancée, elle a montré que la CIA intervenait principalement comme une branche de l’appareil militaire en Afghanistan, en dirigeant les frappes effectuées par les drones contre les Taliban.

L’attentat a aussi souligné les difficultés rencontrées par l’agence pour comprendre la situation dans ce pays d’Asie Centrale. Les agents de la CIA pensaient que Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, le kamikaze, était prêt à travailler pour eux comme informateur. Ils étaient apparemment si sûrs d’eux qu’ils avaient préparé pour son arrivée une fête à l’occasion de son anniversaire. C’est là qu’il s’est fait exploser.

Daniel Tencer

ARTICLE ORIGINAL
http://rawstory.com/rs/2010/0326/ci...

Source: legrandsoir.info

jeudi 11 mars 2010

En 1951, un village français a-t-il été arrosé de LSD par la CIA ?


Pendant une semaine, il y a près de 60 ans, un bourg entier du Gard, Pont Saint-Esprit, est pris de folie et d'hallucinations. Un journaliste américain prétend avoir percé le mystère : il s'agirait d'une expérience secrète menée par les services américains, en pleine guerre froide.


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Au moins cinq morts, plus de 30 personnes hospitalisées et près de 300 malades. En août 1951, un fait divers tragique secoue une grosse bourgade paisible des bords du Rhône, Pont-Saint-Esprit.

Ce qui commence comme une banale intoxication alimentaire collective culminera quelques jours plus tard en une nuit de pure folie, des scènes d'hallucinations dignes d'un tableau de Bosch, une « nuit de l'Apocalypse », pour reprendre les termes d'un des médecins locaux, le Dr Gabbaï.

Récemment, France 3 exhumait ce fait divers sous la forme d'une fiction bourrée d'erreurs, « Le Pain du diable », bien que le téléfilm s'inspirât essentiellement du remarquable travail d'un historien américain, Steven Kaplan, « Le Pain maudit » (Fayard), en 2008.

Après des années d'enquête, Kaplan reste frustré : aucune des pistes suivies -ergot de seigle, fongicide, eau, mycotoxines- n'apporte d'explication définitive.

Dans un livre publié aux Etats-Unis fin 2009, le journaliste Hank Albarelli affirme avoir percé incidemment le mystère. La crise de folie qu'a connue Pont-Saint-Esprit viendrait d'une expérience secrète sur les effets du LSD menée conjointement par l'armée américaine et la CIA.

« J'ai des serpents dans mon estomac ! »


L'affaire du « pain maudit » débute le 17 août 1951. Les salles d'attente des trois médecins de la ville sont pleines. Une vingtaine de malades viennent consulter pour des symptômes apparemment digestifs : nausées, brûlures d'estomac, vomissements, diarrhées.

Viendront s'ajouter dans les jours suivants des fatigues importantes et des insomnies. Pour nombre de malades, après une rémission de 48 heures, les symptômes s'aggravent pour culminer dans des crises hallucinatoires habitées, entre autres, par des flammes et des animaux.

Après une enquête sur place pour le magazine Look, un journaliste américain, John Fuller, décrit dans un article paru en 1968 des scènes d'hallucinations collectives.

Un ouvrier, Gabriel Validire, hurle à ses compagnons de chambrée : « Je suis mort ! Ma tête est en cuivre et j'ai des serpents dans mon estomac ! » Une jeune fille se croit attaquée par des tigres. Un gamin de 11 ans, Charles Granjhon, tente d'étrangler sa mère.

Le 24 août, la situation devient ingérable. Un homme saute du deuxième étage de l'hôpital en hurlant : « Je suis un avion. » Les jambes fracturées, il se relève et court 50 mètres sur le boulevard avant qu'on puisse le rattraper. De nombreux hospitalisés sont saisis d'hallucinations insupportables. D'autres entendent des harmonies célestes.

Très rapidement, des indices pointent le coupable présumé : le pain du meilleur boulanger du bourg, Roch Briand. Dans un article publié par le British Medical Journal moins d'un mois après le début du drame, le Dr Gabbaï écrit :
« La fréquence des symptômes mentaux ramène à l'esprit le vieux nom de la maladie, mal des ardents. »

Autrement dit la maladie de l'ergot de seigle, un champignon parasite des graminées. Courante au Moyen Age, la maladie a disparu en France depuis le XVIIIe siècle.

Mais l'ergotisme peine à expliquer tous les symptômes cliniques constatés. Le Dr Gabbaï et le Pr Giraud de la faculté de médecine de Montpellier, appelés à la rescousse, font vite un parallèle avec les recherches menées en Suisse à la même époque dans le laboratoire Sandoz par Albert Hofmann et qui ont abouti à la découverte par hasard du LSD, synthétisé à partir d'ergot.

Le juge d'instruction chargé de l'affaire évoque la piste criminelle d'une contamination du pain par « une forme de l'ergotine synthétique très nocive ».

Albert Hofmann, qui a fait le déplacement, entérine dans un premier temps la piste de l'ergot ou d'un alcaloïde proche du LSD. Mais une fois rentré à Bâle, le laboratoire rejette l'hypothèse sans appel. De son côté, l'agence américaine United Press rapporte les intrigantes conclusions d'un laboratoire américain à qui elle a transmis des échantillons :
« Les expériences faites (notamment sur des volontaires) en leur faisant absorber du pain ergoté à diverses doses n'ont donné aucun des symptômes constatés chez les malades de Pont-Saint-Esprit. »

Steven Kaplan regrette qu'à l'époque la presse n'ait pas creusé davantage la piste « crépusculaire, voire obscure, du laboratoire américain » !

Suicide d'un biochimiste de l'armée américaine


Deux ans plus tard, aux Etats-Unis, un biochimiste de l'armée américaine qui travaille sur des programmes ultra secrets se suicide. Selon la version officielle, il se serait jeté du treizième étage d'un hôtel de New York. C'est en enquêtant sur cette mort suspecte que le journaliste Hank Albarelli a obtenu des documents de la CIA et de la Maison Blanche qui jettent un éclairage sinistre sur les événements de Pont-Saint-Esprit.

A l'issue de la guerre de Corée, les Américains sont persuadés que leurs soldats, prisonniers de guerre, ont subi des lavages de cerveau.

Ils se lancent donc dans une vaste série de programmes défensifs et offensifs sur les questions de la manipulation mentale, des sérums de vérité pour faire parler des prisonniers ou même sur des méthodes pour « incapaciter » l'ennemi et gagner des batailles sans tirer une seule balle.

C'est à ces recherches confidentielles soutenues par la CIA que travaille Frank Olson au sein du SOD (Special Operations Department), à Fort Detrick. Parmi les documents obtenus par Albarelli, le premier retranscrit une conversation entre un agent de la CIA et le représentant américain du laboratoire Sandoz.

Ce dernier insiste pour évoquer le « secret de Pont-Saint-Esprit » et explique à son interlocuteur qu'il ne s'agissait nullement d'ergot mais de diéthylamide (le D de LSD).

Les pratiques « non éthiques » de la CIA


Albarelli entre en contact avec des anciens de l'armée ou de la CIA qui ont côtoyé Frank Olson. Deux d'entre eux, « Albert » et « Neal », lui expliquent, sous couvert d'anonymat, que l'histoire de Pont-Saint-Esprit relève d'une opération conjointe du SOD et de la CIA. Mais lorsqu'il demande si d'autres services secrets, par exemple français, ont participé à l'expérience, il n'obtient qu'un silence.

Des scientifiques de Fort Detrick confient au journaliste américain que les services ont opéré par pulvérisation aérienne d'une mixture à base de LSD ainsi que par la contamination de « produits alimentaires locaux ». L'un d'eux explique que la pulvérisation a été « un échec complet ».

En 1975, une commission d'enquête présidée par Nelson Rockefeller avait commencé à révéler les pratiques « non éthiques » de la CIA, aux appellations multiples : Bluedbird, Artichoke, MK-Ultra, etc. En 2000, Albert et Neal transmettent à Albarelli une fiche d'identité de la Maison Blanche, certainement en rapport avec cette commission, et qui mentionne une « french embassy » et, erreur d'orthographe comprise, « Pont Saint Esprit incident (Olsojn) »

Cette version pose autant de questions qu'elle apporte de réponses. Sans rejeter l'hypothèse, Steven Kaplan s'interroge, par exemple, sur le choix de la ville cobaye : Pont-Saint-Esprit figure dans une région tenue par la gauche. Curieux pour une opération secrète américaine en pleine guerre froide.

« A l'époque, on a évoqué l'hypothèse d'une expérimentation destinée à contrôler une révolte de la population », se souvient Charles Granjhon, 71 ans aujourd'hui, qui habite toujours Pont-Saint-Esprit. « J'ai failli caner. J'aimerais bien savoir pourquoi. » Il n'est pas le seul à vouloir connaître la vérité.

Après la parution de son livre, Albarelli a appris d'un de ses contacts que la DGSE aurait demandé des informations sur l'affaire de Pont-Saint-Esprit au Département d'Etat américain, ce que démentent les services français.

Source: rue89.com