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mardi 20 juillet 2010

L’extrait de noix de cajou serait un antidiabétique efficace

Université de Montréal Mercredi, 14 Juillet 2010 - Communiqué



L’extrait de noix de cajou pourrait être un antidiabétique efficace et prometteur selon les résultats d’une nouvelle étude de l’Université de Montréal (Canada) et de l’Université de Yaoundé (Cameroun). Publiée dans Molecular Nutrition & Food Research, cette étude a analysé les bienfaits sur le diabète que l’on prête aux différents produits de l’anacardier (cajou) et a notamment cherché à savoir si les extraits de cajou pouvaient améliorer la réponse de l’organisme à sa propre insuline.

Le diabète est caractérisé par un taux de sucre sanguin élevé en raison de l’inaptitude de l’organisme à répondre à l’insuline ou à en produire suffisamment. Cette maladie, qui touche près de 220 millions de personnes dans le monde, peut provoquer des maladies cardiaques ou rénales. L’objectif de l’étude était d’examiner l’impact des feuilles, de l’écorce, des noix et des pommes d’anacardiers originaires du nord-est du Brésil et d’autres pays de l’hémisphère Sud sur les cellules qui répondent à l’insuline.

« De tous les extraits testés, seul l’extrait de noix de cajou a stimulé de manière significative l’absorption du sucre sanguin par les cellules musculaires, souligne le directeur de cette recherche, Pierre S. Haddad, professeur de pharmacologie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Les extraits d’autres éléments de cette plante n’ont pas eu le même effet, ce qui semble indiquer que l’extrait de noix de cajou contient des substances actives dotées d’éventuelles propriétés antidiabétiques. »

Les produits de l’anacardier sont depuis longtemps réputés avoir des effets anti-inflammatoires, de contrer l’élévation du glucose sanguin et d’empêcher la résistance à l’insuline chez les diabétiques. « Notre étude valide l’usage traditionnel qui est fait des produits de l’anacardier dans le diabète et a permis de découvrir que certains de ses éléments naturels pouvaient servir à créer de nouveaux traitements oraux », précise le professeur Haddad qui est également directeur de l’Équipe de recherche sur les médecines autochtones antidiabétiques des Instituts canadiens de recherche en santé, à l’Université de Montréal.

À propos de l’étude :
L’article « Hydro-ethanolic extract of cashew tree (Anacardium occidentale) nut and its principal compound, anacardic acid, stimulate glucose uptake in C2C12 muscle cells », publié dans Molecular Nutrition & Food Research, est signé Leonard Tedong, Padma Madiraju, Louis C. Martineau, Diane Vallerand, Louis Lavoie et Pierre S. Haddad de l’Université de Montréal (Canada) ainsi que John T. Arnason, Dzeufiet D. P. Désiré et Pierre Kamtchouing de l’Université de Yaoundé (Cameroun).

Partenaires de recherche :
Cette étude a été financée par les Instituts canadiens de recherche en santé et l’Institut des neutraceutiques et des aliments fonctionnels.

Source: resterenvie.com

mercredi 23 juin 2010

Dépression majeure : la prise d'oméga-3 est un traitement efficace

La prise d'oméga-3 sous forme de suppléments est efficace chez des patients souffrant de dépression majeure sans trouble d'anxiété, révèle une étude dirigée par le Dr François Lespérance, du Centre de recherche du CHUM, chef du département de psychiatrie du Centre hospitalier de l'Université de Montréal et professeur à l'Université de Montréal.

Publiée le 15 juin dans la revue The Journal of Clinical Psychiatry, il s'agit de la plus importante étude sur l'efficacité des oméga-3 dans le traitement de la dépression majeure. La recherche a été menée en collaboration avec des chercheurs de centres affiliés au Réseau universitaire intégré de santé de l'UdeM, de l'Université McGill, de l'Université Laval et de l'Université Queen's.

Les analyses primaires n'ont pu démontrer clairement l'efficacité des oméga-3 pour l'ensemble des patients prenant part à l'étude. Toutefois, d'autres analyses ont démontré l'efficacité des oméga-3 chez les patients pour lesquels un diagnostic de trouble de l'anxiété ne s'ajoutait pas au diagnostic de dépression. Chez ces patients, l'efficacité est comparable à celle généralement observée avec des antidépresseurs conventionnels.

D'octobre 2005 à janvier 2009, 432 participants, hommes ou femmes atteints d'une dépression majeure de type unipolaire, ont été recrutés pour cette étude randomisée, à double insu (ni les chercheurs ni les participants ne savaient quelles capsules leur étaient administrées). Pendant huit semaines, la moitié des patients ont pris trois capsules par jour d'OM3 Équilibre émotionnel, un supplément d'huile de poisson hautement concentré en acide eicosapentanoïque (AEP), et l'autre moitié trois capsules identiques d'un placebo fait d'huile de tournesol aromatisée d'un peu d'huile de poisson. Contrairement aux essais cliniques typiques évaluant l'efficacité des antidépresseurs, cette étude comprenait une proportion importante de patients présentant des pathologies complexes et difficiles à traiter, dont des patients résistants aux traitements antidépresseurs conventionnels, et des patients souffrant aussi d'un trouble d'anxiété, et ce afin de pouvoir évaluer la valeur de ce traitement pour un ensemble plus large de gens semblables  à ceux traités en clinique externe.

Dépression : un enjeu de santé publique
Au Canada, environ 11 % des hommes et 16 % des femmes feront une dépression majeure au cours de leur vie, ce qui en fait l'un des principaux enjeux de santé publique de notre société. Il est prévu que la dépression, actuellement au quatrième rang, deviendra en 2020, la deuxième cause de morbidité et de mortalité dans le monde. « Malgré des progrès significatifs en neurosciences au cours des 20 dernières années, la dépression est une maladie difficile à traiter », souligne le Dr Lespérance. Face à un taux d'abandon élevé de la prise du médicament chez plusieurs patients dans les premiers mois du début du traitement, sans compter ceux qui refusent les traitements à cause de la crainte d'être stigmatisés ou d'effets secondaires, il n'est pas surprenant qu'un nombre significatif de patients souffrant de dépression majeure utilisent des traitements dits alternatifs, en dehors du système de santé. « Plusieurs de ces traitements n'ont pas été évalués adéquatement, d'où la nécessité d'évaluer si l'un des plus populaires d'entre eux, la prise d'oméga-3, est efficace. », précise le Dr Lespérance.

Des études épidémiologiques et neurobiologiques ont suggéré qu'une déficience relative en acides gras polyinsaturés de type oméga-3 prédisposerait à des troubles mentaux, dont la dépression. Aussi, quelques études cliniques préliminaires avec de petits échantillons ont suggéré que des suppléments d'oméga-3 avec de fortes concentrations d'AEP ont un impact favorable sur les symptômes dépressifs chez les patients n'ayant pas répondu à un traitement initial par antidépresseurs. Toutefois, ces études sur la dépression n'avaient pas convaincu l'ensemble de la communauté scientifique. Une étude de grande envergure fut donc nécessaire pour contribuer à l'avancement des connaissances sur les propriétés et l'efficacité des suppléments d'oméga-3 de haute qualité chez les patients souffrant de dépression majeure.

« Nous sommes fiers que OM3 Équilibre émotionnel, avec sa concentration extrême et sa pureté inégalée, apporte la dose d'AEP nécessaire à l'efficacité du traitement », explique Mme Claire Bertin, pharmacienne responsable chez isodisnatura, le laboratoire qui produit le complément oméga-3 utilisé pour l'étude.

Il est important toutefois de noter que l'étude évaluait la prise d'oméga-3 pendant huit semaines, en fonction de doses de 1,050 mg d'AEP et de 150 mg d'ADH par jour. Il n'est donc pas possible de savoir pour l'instant si l'administration de doses plus élevées ou pendant une plus longue période donnerait des résultats différents.

Ces résultats encourageants documentent que la prise d'AEP chez les patients souffrant de dépression unipolaire sans troubles d'anxiété est un traitement efficace. Des recherches additionnelles comparant directement les oméga-3 aux antidépresseurs conventionnels permettraient de confirmer plus définitivement leur utilité pour les patients souffrant de dépression.

À propos de l'étude :
La recherche, “The Efficacy of Omega-3 Supplementation for Major Depression:  A Randomized Controlled Trial,” publiée dans The Journal of Clinical Psychiatry, est signée par François Lespérance, MD, PhD; Nancy Frasure-Smith, PhD; Élise St-André, MD; Gustavo Turecki, MD, PhD; Paul Lespérance, MD, MSc; and Stephen R. Wisniewski, PhD.

Partenaires en recherche :
L'étude bénéficiait du soutien de la société européenne isodisnatura, de la Fondation du CHUM et du CRCHUM.

Source : Centre hospitalier de l'Université de Montréal