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jeudi 15 juillet 2010

BP et l’administration Obama commettent un écocide dans les îles du Golfe

Wayne Madsen Report, 14 juillet 2010
La Nouvelle-Orléans en Louisiane – J’ai vu des séquences vidéo montrant les effets destructeurs de la pulvérisation aérienne nocturne secrète d'agents blanchissants, effectuée par les avions BP sur la barrière d’îles à proximité de Grande île et Port Fourchon en Louisiane.


La pulvérisation d'un composé d'acide chlorhydrique (muriatique) a été effectuée vers 2 heures 30 à 3 heures du matin (heure locale) par des avions qui volaient tout feu éteint, violant de façon flagrante les règlements de l’Administration fédérale de l'aviation et mettant en danger les autres avions présents dans le secteur. Les agents blanchissants sont destinés à donner l'impression que le pétrole a été retiré de la barrière d'îles. Seulement, tous les êtres vivants, notamment les oiseaux nicheurs, les crustacés, et la végétation, ont été détruits dans le mouvement.


Les preuves vidéo, prises par les membres d’Humane Society Louisiana, montrent clairement les effets de la vaporisation des produits chimiques. Les oiseaux en train de nidifier, sans aucun poisson à manger dans les mers environnantes, perdent leurs œufs, les oiseaux mâles dévorant les œufs de leurs compagnes. J’ai vu des preuves vidéo de coquilles d'œufs consommés et non éclos, tous blanchis par la pulvérisation d’acides de BP.
La Garde côtière et la Commission pour la conservation de la vie marine et sauvage, une agence du ministère de l'Intérieur, ont pleine connaissance de la substance chimique pulvérisée par BP et n'ont rien fait pour l'arrêter. L’Agence de protection de l’environnement n'a rien fait pour arrêter ce qui équivaut à un écocide conduit par BP sur la barrière d’îles vierges et sensibles au large de la côte Sud de Louisiane.


J’ai vu des preuves vidéo de prestataires de BP et du personnel du ministère de la faune et de la pêche de Louisiane se tenant autour sans rien faire pendant que des centaines d'oiseaux, dont des pélicans, mouraient couverts de pétrole brut. Les barrages flottants mis en place par BP sont inefficaces car il y avait autant de pétrole brut flottant des deux côtés des barrages flottants, à côté des îles comme au large. Dans certains cas le pétrole brut s’est échoué et a recouvert la végétation des berges, qui servent également de lieu de nidification aux mouettes et aux pélicans.
Sans aucun poisson pour se nourrir, les oiseaux de mer se pressaient sur la petite barrière d’îles où ils mourraient en nombre énorme. Les oiseaux volant sans but autour des petites îles étaient manifestement stressés et leur façon de voler était tout à fait inhabituelle. Les vidéos d’oiseaux morts ont été prises il y a un mois. Il est désormais rare de voir des oiseaux dans certaines parties de la côte de Louisiane, comme j’en ai été témoin à Venice en Louisiane, à l'est de Grande île.
La pulvérisation de l'agent blanchissant a aussi fait virer au blanc crayeux les carcasses d'oiseaux morts. Même le bec des oiseaux morts a pris une couleur orangée blanchâtre. Avec le décolorant, les coquillages, la tige des plantes et les roches sont aussi devenus d’un blanc sinistre.


Des biologistes marins m’ont dit qu'il y a un autre problème grave dans le Golfe. Une substance laiteuse semblable à du mucus a été repérée dans les eaux du Golfe à l'ouest de Port Fourchon. Les biologistes ont déterminé que ce n'est pas un sous-produit de la pulvérisation des dispersants par BP, mais qu'elle est émise par le corail qui la libère en cas de stress sévère. La mort des récifs coralliens est un drame supplémentaire pour les écosystèmes marins du golfe du Mexique.


Les biologistes marins ont déterminé que l'utilisation de dispersants dans les eaux du Golfe, dont la conséquence est de créer des nuages [sous-marins de pétrole], empêche la lumière solaire de passer à travers la colonne d'eau. Il en résulte la mort de nombreux animaux et plantes sous-marins, qui dépendent de la lumière du soleil pour survivre.


Les résidents locaux, qui ont vu la dévastation de leur environnement et de leurs moyens de subsistance par BP, reprochent leur inaction à l’administration fédérale et au gouvernement de Louisiane. Ceux qui sont tenus les plus responsables pour leur inertie sont BP, le commandant superviseur des incidents nationaux retraité de la Garde côtière, l’amiral Thad Allen, le président Obama, le vice-président Joe Biden, qui aurait, dit-on, montré peu ou pas d'intérêt pour la catastrophe pétrolière du Golfe, peut-être une conséquence de son engagement de longue date envers les intérêts de l’industrie pétrochimique de son Delaware natal, le ministre de l'Intérieur Ken Salazar, l’administratrice de l'EPA Lisa Jackson, et le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal.


Les médias d’information professionnels, notamment les locaux des stations de télévision de Nouvelle-Orléans, intègrent leurs reporters à la Garde côtière et aux équipes de BP dans le golfe. Ce que rapportent ces médias sert essentiellement d’assistance aux relations publiques de BP. Un certain nombre de groupes de Nouvelle-Orléans et de Louisiane essayent d'obtenir les informations réelles sur la catastrophe, mais les ressources sont limitées.


Qualifier le ravage pétrolier du Golfe de pire catastrophe écologique de l'histoire de Zunie est un euphémisme. Et avec la complicité de la Maison Blanche d’Obama, le golfe du Mexique est transformé en Golfe de la Mort.

Wayne Madsen est ancien officier de renseignement de la Marine zunienne, spécialisé dans la surveillance électronique et la sécurité. Anciennement assigné à l’Agence de sécurité nationale (NSA) et au ministère des Affaires étrangères. Actuellement, journaliste d’investigation, chroniqueur dans la presse nationale, et auteur. Administrateur de l’Electronic Privacy Information Center (EPIC), (une organisation dédiée à la protection des libertés individuelles) à Washington DC.

Relayé par Online Journal :
onlinejournal.com/artman/publish/article_6110.shtml
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

lundi 28 juin 2010

Il pleut du pétrole en Louisiane !

ENVIRONNEMENT - Des vidéos inquiétantes laissent supposer qu'il pleut du pétrole en Louisiane. 20minutes.fr vous explique pourquoi les «pluies noires» ne sont pas pour demain...




Marée noire dans le golfe du Mexique, acte 2. Après les animaux marins morts, la flore dévastée, les oiseaux mazoutés et les galettes de pétrole qui parsèment les plages de Louisiane et de Floride, la crainte d’autres retombées ronge les Américains.

Depuis quelque temps, des vidéos publiées sur Youtube montrant ce qui semble être le résultat de pluies chargées d’hydrocarbures toxiques, inquiètent aux Etats-Unis. De telles vidéos, où est filmé le sol de la Louisiane par temps pluvieux, doivent bien évidemment être interprétées avec précaution: lorsqu’il pleut, il arrive que des reflets irisés apparaissent sur le sol, là où des hydrocarbures ont laissé des traces.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=un8co1d4zb4[/youtube]


Cependant, ce scénario catastrophe n’est pas si improbable, si l’on en croit Bertrand Chapron, chercheur responsable du laboratoire d’océanographie spatiale à l’Ifremer. «Il est très probable que les embruns soient porteurs d’hydrocarbures», indique-t-il à 20minutes.fr. Le vent vient en effet décoller le «film surfacique» - habituellement de l’eau de mer et du sel. Mais les particules d’hydrocarbures en surface de la mer sont elles aussi susceptibles se décoller par l’action du vent, qui les transporte. «Elles peuvent aller jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres par cette action, comme le fait le sable par exemple», note le scientifique.

Mini-gouttelettes d’eau de mer, de pétrole et de dispersant


En-dehors de cette possibilité de se prendre des «splashs» de pétrole, notamment lorsque l’on se tient assez proche de là où déferlent les vagues, Bertrand Chapron juge que la chaleur dans le golfe favorise les échanges de flux à l’interface air-mer, et la création de mini-gouttelettes d’eau et de pétrole (voire également de dispersant). Les précipitations se formant par rétrocession d’humidité des océans par l’atmosphère, ces mini-gouttelettes peuvent très bien se retrouver dans la pluie qui s’abat sur la région. «Comme pour les pluies acides qui résultent d’une accumulation de particules chimiques dans l’atmosphère, il n’est pas insensé de penser qu’une telle chose soit possible», précise-t-il.

Le scientifique indique également qu’il n’est «pas impossible» que les traces retrouvées sur des cultures – y compris des plantations bio, donc sans pesticides – soient liées à la marée noire: «Il y a eu beaucoup de chimie utilisée pour dissoudre la nappe de pétrole, avec le phénomène d’évaporation, ces solvants peuvent être transportés via les mêmes actions».

Pas de «pluies noires»


Mais s’il est toujours possible, qu’un embrun puisse ramasser un peu de pétrole et le transporter sur une courte distance, Bertrand Chapron juge en revanche «impossible» de voir s’abattre des «pluies noires», chargées de pétrole sur la région.

Quant au scénario, digne d’un film de science-fiction, qui voudrait que le mélange subisse une transformation moléculaire le faisant passer d’un état liquide à un état gazeux, dont le produit serait absorbé par les nuages et libéré sous formes de pluies toxiques, le scientifique juge également que «ce n’est pas impossible», mais qu’il faudrait une étude chimique plus poussée de l’évaporation de ces flux depuis la nappe de pétrole. «J’imagine que les scientifiques sur place doivent commencer à s’inquiéter de cela», estime-t-il.

Source: 20minutes.fr