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vendredi 10 décembre 2010

WikiLeaks: la guerre Internet fait rage

LONDRES (AP) — La guerre fait rage dans le cyberespace entre les partisans de WikiLeaks et les entreprises qu'ils accusent de vouloir bâillonner l'organisation de Julian Assange: dans les deux camps, des sites Internet ont été mis temporairement hors service par des attaques informatiques.

Les manifestations de défense de WikiLeaks gagnent aussi les rues: environ 500 personnes se sont rassemblées vendredi à Sydney pour exprimer leur soutien et une autre protestation s'est tenue à Brisbane, en Australie. Une manifestation est prévue lundi à Londres.

Visé par un mandat d'arrêt suédois pour une affaire de viol et d'agression sexuelle, le ressortissant australien Julian Assange se trouve actuellement en détention en Grande-Bretagne.

Depuis qu'il a publié quelque 250.000 dépêches diplomatiques américaines classées secrètes, WikiLeaks fait l'objet de nombreuses pressions. Des grands groupes basés aux Etats-Unis ont coupé les liens avec l'organisation, dont MasterCard, Visa, PayPal, Amazon.com et EveryDNS. Cela entrave sa collecte de fonds et ses possibilités de publication.

En représailles, des partisans de WikiLeaks ont lancé des attaques informatiques contre ces groupes. Ces "hacktivists" (contraction du mot anglais "hacker", ou pirate informatique, et d'activiste) rassemblés sous le nom d'Anonymous (anonymes) utilisent un logiciel pour abreuver les sites ciblés de fausses demandes de pages. Résultat: les sites des sociétés visées se retrouvent saturés.

Paul Mutton, un analyste de Netcraft, une compagnie basée à Londres, suit ces attaques Internet. Il est facile, même pour les personnes peu calées en informatique, de télécharger le logiciel, souligne-t-il.

Mercredi, le nombre d'ordinateurs prenant part à la riposte Web était passé de 400 à 2.000, rapporte M. Mutton. Même si ce chiffre semble bas, il a été suffisant pour submerger les sites de Visa et MasterCard. "J'ai été surpris de voir à quel point c'était efficace", a confié l'analyste de Netcraft. "On n'a pas besoin d'un grand nombre de gens pour mener une attaque de ce type."

L'activiste Gregg Housh, engagé aux côtés d'Anonymous, confie avoir été lui aussi "surpris que Visa et MasterCard aient coulé". D'après lui, les ordinateurs à la disposition des Anonymes ont atteint le nombre de 3.000 jeudi.

Les sites Web des deux cartes bancaires ont été rendus temporairement inaccessibles -pendant plusieurs heures pour MasterCard. Le service de paiement en ligne PayPal a été rendu partiellement inefficace par intermittence.

Le logiciel LOIC (Low Orbit Ion Cannon) utilisé par les Anonymous a été téléchargé des milliers de fois durant la nuit, rapportait la société de sécurité informatique américaine Imperva, qui recensait vendredi plus de 40.000 téléchargements.

La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a critiqué jeudi l'attitude des grands groupes qui tentent de couper les vivres de WikiLeaks ou de le priver d'hébergement sur la Toile. Ces agissements "peuvent être interprétés comme une tentative de censure contre la publication d'informations, et pourraient constituer une violation du droit à la liberté d'expression de WikiLeaks". Si l'organisation de Julian Assange a commis un acte illégal, "cela devrait être traité par le système judiciaire et non par des pressions et des intimidations".

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine et le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont tous deux critiqué l'incarcération de Julian Assange.

Aux Pays-Bas, un adolescent de 16 ans soupçonné d'avoir participé aux attaques informatiques a été arrêté jeudi.

WikiLeaks s'est pour sa part distanciée de la riposte des Anonymous. "Nous ne condamnons ni n'applaudissons ces attaques", a déclaré l'organisation.

Un communiqué de presse se réclamant des Anonymes a circulé vendredi, expliquant que leur objectif était d'attirer l'attention sur les "procédés sournois" utilisés par certains grands groupes "pour détériorer les capacités de fonctionnement de WikiLeaks". AP

Source: nouvelobs.com

mercredi 8 décembre 2010

Pour venger WikiLeaks, des pirates attaquent Mastercard

Des pirates informatiques ont attaqué les sites internet du suisse Postfinance et de l’américain Mastercard en représailles à la fermeture des moyens de paiements de WikiLeaks.

Ces pirates, regroupés sous le nom «AnonOps» et qui disent lutter contre la censure et les droits d’auteurs, ont lancé l’opération «Payback» (vengeance), selon leur site internet anonops.net. «La première guerre informatique a maintenant débutée. Le champs de bataille est WikiLeaks», ont-ils indiqué.

Parmi les victimes figure le site internet Postfinance.ch, filiale de services financiers de la Poste suisse, qui a abrité puis fermé un compte du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.

Sites internet indisponibles


Depuis lundi soir, Postfinance.ch subit des attaques par déni de service (DDos) visant à surcharger ce dernier et à le rendre indisponible, a précisé à l’AFP un porte-parole de l’institut financier. «Depuis la fermeture du compte (de Julian Assange), des groupes ont lancé l’opération "Payback" pour bloquer Postfinance, en simulant des centaines de milliers de connexions au site dans le but de le surcharger», a-t-il précisé.

Les pirates informatiques à l’origine de ces attaques, ont par ailleurs annoncé sur leur site avoir attaqué le site de Mastercard. «Le groupe qui a désactivé une banque suisse a maintenant désactivé Mastercard.com», ont-il indiqué sur leur compte Twitter.

Le site de l’entreprise de cartes de crédit était en effet indisponible vers 11 heures. Un porte-parole de Mastercard, contacté par l’AFP, n’a cependant pas voulu dire s’il subissait des attaques informatiques.

Et aussi, PayPal


D’autres sites internet en relation avec WikiLeaks ont été attaqués par des pirates non identifiés, notamment le service de paiement PayPal, mais aussi le site et les courriels de l’avocat des deux Suédoises accusant le fondateur de WikiLeaks Julian Assange de «viol et agression sexuelle».

Concernant Postfinance, le porte-parole a assuré que ces «pirates informatiques» n’avaient pas mis en danger la sécurité des systèmes de paiements ou de gestion des comptes. «La situation s’est améliorée mercredi, mais les attaques continuent», a-t-il ajouté.

Postfinance avait annoncé lundi avoir fermé le compte de Julian Assange, en raison de «fausses indications sur son lieu de domicile». Cette décision a été prise de façon «autonome et sans pression de qui que ce soit», a souligné le porte-parole.

L’argent placé sur le compte de Julian Assange pourra a tout moment être viré sur un autre compte, a dit le porte-parole.

(Source AFP)