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jeudi 23 juin 2011

Le monde marin meurt massivement à cause de l'activité humaine

Un rapport du Programme International sur l'État de l'Océan remis à l'ONU évoque une extinction massive d'espèces marines.




Le rapport présenté à l'ONU par les experts du Programme International sur l'État de l'Océan est plus qu'alarmant. Il évoque ni plus ni moins qu'une extinction de masse des espèces marines. Au cours du dernier demi-milliard d'années, seules cinq extinctions massives ont été dénombrées après des catastrophes naturelles, dont la disparition des dinosaures. La dernière fois, plus de la moitié des espèces n'ont pas survécu.


Vers une nouvelle extinction massive ?


Ce qui pourrait être la prochaine extinction massive ne serait pas liée à une catastrophe naturelle, mais à l'activité humaine, d'après le rapport qui pointe quatre fléaux mettant à mal la pérennité du monde marin : le réchauffement climatique, une pêche excessive, l'acidification des eaux et de faibles niveaux d'oxygène. Le directeur scientifique du programme, Alex Rogers, n'a pas caché ses craintes :

"En considérant l’effet cumulatif de ce que l’humanité fait subir aux océans, nous nous sommes aperçus que les conséquences sont bien plus graves que ce dont chacun de nous s’était rendu compte de son côté."

Les scientifiques sont particulièrement interloqués par la quantité de carbone absorbée par les océans. Elle serait déjà plus élevée qu'au moment de la dernière extinction de masse, qui s'est produite il y a environ 55 millions d'années. Ils commencent déjà à en observer les effets, bien plus rapidement que prévu :

"Nous sommes maintenant confrontés à la perte d'espèces marines et d'écosystèmes entiers, comme les récifs coralliens, en l'espace d'une seule génération".

Comment y échapper ?


En 2009, déjà, des scientifiques avaient fait des projections sur l'état de la planète en 2100 si les hommes ne changeaient rien à leur consommation d'énergies fossiles. Discovery rapporte qu'ils tablaient sur un quadruplement du taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, et sur une hausse de 5 degrés de la température terrestre. Plus l'eau est chaude, et moins elle est capable de dissoudre l'oxygène, ce qui entraîne automatiquement un développement des zones marines "mortes". Un tel scénario serait dramatique pour le cinquième de la population mondiale dont les sources de protéines viennent de la mer.

Les scientifiques ont des solutions plus ou moins simples à mettre en oeuvre pour inverser, ou tout du moins ralentir, la tendance. Il s'agit d'abord d'encadrer la surpêche, ce que les gouvernements sont censés avoir l'autorité de décider. A condition qu'ils arrivent à s'entendre.

Le grand enjeu est ensuite de modifier les sources d'énergie utilisées. Le pétrole et le charbon, gros pourvoyeurs de gaz à effet de serre, devront être abandonnés le plus rapidement possible.

Source: atlantico.fr

samedi 10 avril 2010

Le blobfish, le poisson le plus laid, est menacé d'extinction

Avec son apparence de visage humain déformé, le blobfish est une créature juste sortie de nos pires cauchemars. Selon les experts cités par le Los Angeles Times, le blobfish ou selon son nom savant le Psychrolutes marcidus est au choix le poisson le plus laid, le plus répugnant ou le plus terrifiant de la planète. Son corps hideusement déformé est presque sans arêtes, uniquement gélatineux et couvert de mucus. Le plus dérangeant avec ce poisson, c'est qu'il a comme un visage humain.

En général, on évoque les yeux des poissons ou leur bouche, pas leur visage. Ils n'en ont pas. Le blobfish en a un avec des lèvres, des yeux et un nez... énorme.

Selon la légende, le bougre cartilagineux serait doté d'une certaine forme d'intelligence primitive et aurait servi autrefois de lampe à huile sacrificielle lors des rites offerts à Dagon par les habitants mi-hommes mi-batraciens d'Innsmouth.

Plus sérieusement, il a été découvert en 1978. Les biologistes marins se veulent rassurants pour les baigneurs. Il y a peu de risques de rencontrer cette monstruosité visqueuse au bord de l'eau. Il vit très profondément au large des côtes de la Tasmanie et de l'Australie et quelques-uns ont été observés non loin des côtes californiennes.

On trouve le blobfish à des profondeurs où la pression est près de cent fois supérieure à celle de la surface. Pour y résister, la chair du blobfish est principalement constituée d'une masse gélatineuse dont la densité est plus faible que celle de l'eau, ce qui lui permet de flotter au-dessus du fond de l'océan sans avoir à dépenser la moindre énergie pour nager. Le blobfish a donc très peu de muscles. Cela ne l'empêche de dévorer au passage de petits mollusques.

Comme le souligne le site itsnature.org le blobfish n'est pas une invention. Il existe bien, mais peut-être plus pour longtemps. Car ce hideux petit poisson, un adulte peut mesurer jusqu'à 35 centimètres, que l'homme peut rarement l'observer vu son habitat naturel inaccessible, est menacé. Comme de nombreux poissons des profondeurs, il est souvent pêché par le chalutage de fond. Et comme il n'est pas comestible et que sa masse gélatineuse se dessèche en quelques minutes, les pêcheurs s'en débarrassent immédiatement. Problème supplémentaire, son rythme de reproduction est très lent.

Certains nids ont été découverts, ils comportent de 9.000 à 108.000 œufs roses, mais peu arrivent à échapper aux prédateurs.

Image de une: un blobfish (Oceanic and atmospheric administration).

Source: slate.fr

Les libellules, les coléoptères et les papillons menacés d'extinction en Europe

[caption id="attachment_2958" align="alignleft" width="261" caption="Libellule (Sympetrum sp.) sur fruit de pavot - Crédit photo : Olivier Brosseau/MEEDDM"]Libellule (Sympetrum sp.) sur fruit de pavot - Crédit photo : Olivier Brosseau/MEEDDM[/caption]

La disparition des habitats et le changement climatique ont de graves conséquences pour les libellules, les coléoptères et les papillons d’Europe. La dernière liste rouge européenne, réalisée à la demande de la Commission européenne, révèle que 9 % des papillons, 11 % des coléoptères qui dépendent du bois en décomposition pour leur subsistance et 14 % des libellules sont menacés d’extinction en Europe.

Un tiers des espèces européennes de papillons en déclin

Les études actuelles révèlent que près d’un tiers (31 %) des 435 espèces de papillons en Europe voient leur population décliner et que 9 % de ces espèces sont déjà menacées d’extinction. La piéride du chou de Madère (Pieris wollastoni) est en danger critique d’extinction et pourrait être éteinte, n’ayant plus été aperçue sur l’île depuis au moins 20 ans.

L’ocellé macédonien (Pseudochazara cingovskii) dans l’ancienne république yougoslave de Macédoine est également en danger critique d’extinction en raison des activités extractives qui réduisent son habitat.

Un tiers des papillons européens (142 espèces) n’existent qu’en Europe et 22 de ces espèces endémiques (15 %) sont menacées au plan mondial.

Les coléoptères et les libellules également en danger

C’est la première fois que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) évalue la situation des coléoptères saproxyliques, qui dépendent du bois en décomposition pour leur subsistance et jouent un rôle essentiel dans le recyclage des substances nutritives. Un tiers des 431 espèces étudiées sont uniques en Europe. Près de 11 % (46 espèces) des espèces risquent de disparaître de la région, tandis que 7 % (29 espèces) sont menacées d’extinction à l’échelle mondiale. Treize pour cent des espèces (56 espèces) sont également considérées comme presque menacées en Europe.

Les principales menaces à long terme pour ces coléoptères sont la disparition de leur habitat en raison de l’exploitation forestière et la diminution du nombre d’arbres adultes. Le taupin violacé (Limoniscus violaceous) est une espèce en danger qui vit traditionnellement dans de grandes cavités d’arbre contenant de la moisissure de bois. Il est menacé par les nouvelles pratiques de gestion forestière.

Les libellules se trouvent dans toute l’Europe et en majorité dans le sud de la France, aux pieds des Alpes et dans certaines parties de la péninsule balkanique. Quatorze pour cent des 130 espèces de libellules étudiées sont en danger ; cinq d’entre elles sont menacées d’extinction totale, tandis que 11 % d’entre elles sont considérées comme presque menacées en Europe.

À l’instar des papillons, la plupart des espèces menacées sont confinées dans les régions méridionales de l’Europe. Des étés de plus en plus chauds et secs, associés à l’intensification de l’extraction d’eau à des fins de consommation et d’irrigation, provoquent l’assèchement des habitats des zones humides dans lesquels vivent les libellules. Trois des espèces de libellules les plus menacées en Europe sont endémiques des ruisseaux et des petites rivières de Grèce et des pays voisins, dont l’Albanie, la Bulgarie et la Turquie. En l’absence d’action, des espèces telles que la nymphe de Grèce pourraient s’éteindre au cours de la première moitié de ce siècle.

Contexte

La liste rouge européenne – compilée sur la base des mêmes critères que ceux utilisés pour la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, mais limitée à l’Europe – est une étude de l’état de conservation de près de 6 000 espèces européennes (mammifères, reptiles, amphibiens, poissons d’eau douce, papillons, libellules et certains groupes de scarabées, de mollusques et de plantes vasculaires).

Elle identifie des espèces qui sont menacées d’extinction au niveau régional afin qu’une action de conservation puisse être entreprise dans le but d’améliorer leur état de conservation. La liste rouge européenne est principalement financée par la Commission européenne.

Les espèces sont classées dans l’une des huit catégories de menace. Les espèces classifiées comme étant en danger critique, en danger ou vulnérables sont toutes décrites comme étant « menacées ». La liste rouge de l’UICN est une compilation d’informations relatives aux menaces pesant sur les espèces, aux exigences écologiques et à l’endroit où ces espèces vivent ainsi que d’informations sur les actions de conservation qui peuvent être menées pour réduire ou prévenir les extinctions.

La Commission élabore actuellement sa position relative à nouvel objectif mondial visant à mettre un terme au déclin de la biodiversité, qui sera discutée lors de la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, prévue pour octobre 2010 dans la ville de Nagoya.

L’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, est le réseau mondial de protection de l’environnement le plus ancien et le plus vaste. Il rassemble plus de 1 000 gouvernements et ONG et près de 11 000 scientifiques et experts bénévoles répartis dans 160 pays.

Le réseau de l’UICN s’appuie sur un secrétariat de plus de 1 000 personnes dans 60 bureaux et sur des centaines de partenaires des secteurs public et privé et des ONG du monde entier.

Le siège de l’UICN est situé à Gland, près de Genève, en Suisse

La liste rouge européenne (en anglais)

La page de la Commission européenne sur la nature et la biodiversité en anglais

Source: biodiversite2010.fr